| 12 Juillet 2010
Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine
Communication séance plénière du 9 juin 2010
Lionel Chautru, conseiller.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs, chers collègues,
Dans un livre récent "Pourquoi il faut partager les revenus", l'économiste Patrick Artus écrivait : "Avec le déclin de l'industrie manufacturière au profit des services à la personne, de la distribution, des industries, des loisirs et des transports, la globalisation a produit un effet de déformation inédite de la structure des emplois des pays de l'OCDE, vers des emplois en moyenne moins bien rémunérés. Or cette déformation a été aussi amplifiée par la crise…Les destruction d'emplois industriels (600 000 en 2009, 6800 en Aquitaine sur deux ans) sont donc loin d'être terminées dans les pays développés". De ce point de vue, l'UNSA estime urgent délaborer un vrai projet industriel pour le site de FIRST ex FORD qui permette de préserver les emplois.
Les instituts de prévisions économiques annoncent des taux de croissance de l'ordre de 1,5%. Or, les prévisions budgétaires du gouvernement sont établies bien au-dessus (2,5%) et ne seront très probablement pas réalisées. Le choix sera entre l'endettement accru – ce qui paraît difficile – et la réduction des dépenses accentuée. Interrogé sur cette situation, Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, répond sur les plans de rigueur gouvernementaux : "A long terme, un tel effort est bien entendu souhaitable. Mais, dans l'immédiat, alors que la crise est loin d'être finie, sûrement pas. Dès les premiers signes timides de reprise observés ces derniers mois, les marchés financiers et les spéculateurs ont envisagé des coupes dans les dépenses publiques. Cette dictature est perverse. Et puis quel comble ! Car c'est bien pour sauver les acteurs du système financier que les gouvernements ont alourdi leurs dettes et creusé leurs déficits. Il faut au contraire les maintenir, en privilégiant les investissements productifs".
A l'UNSA, il nous semble que la seule solution pour accroitre l'activité serait de modifier sensiblement le partage des revenus puisque l'évolution "spontanée" de partage des revenus est orientée vers la baisse des salaires, hausse des revenus du capital avec les plus values en capital, c'est bien aux pouvoirs publics que revient la responsabilité de favoriser un partage plus favorable du soutien de l'activité et de l'emploi.
Outre les politiques de long terme susceptibles de recréer des emplois qualifiés aux revenus élevés, il est en effet possible d'agir à court terme pour éviter la baisse de la part des salaires dans la richesse produite, limiter les dégâts en terme de chômage et stimuler la demande"
A l'UNSA nous estimons que de la loi TEPA en 2008 au financement des retraites en 2010, la voie choisie n'est pas pertinente.
Il est par ailleurs souhaitable que face à l'inquiétude des salariés par rapport à l'emploi, le CESR s'exprime sur cette question importante pour le dynamisme de l'Aquitaine.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs, chers collègues, je vous remercie de votre attention.


